5 faits méconnus sur le télétravail

Si le télétravail est dans toutes les bouches, sa concrétisation tarde à se démocratiser. Les salariés y voient un confort de vie avec une réduction du temps de trajet, plus de temps consacré à la vie privée, une diminution du stress ou un sentiment de responsabilité. Les employeurs préfèrent soulager leurs open-space, donner une image innovante et fidéliser leur effectif. Mais tout n’est pas rose, les craintes bien présentes ont une part de légitimité. Certains points doivent être mûrement réfléchis avant de les mettre en pratique.

Des statistiques surprenantes

La France est bien derrière ses voisins européens. Si environ 12% des Français font du télétravail, les anglo-saxons et les scandinaves sont respectivement à 20% et 35%. La faute a une culture de la visibilité, où un salarié présent est un salarié qui travaille. Nous ne sommes plus à une inégalité supplémentaire, seules 43% des femmes sont des télétravailleuses, alors qu’elles sont les mieux placées pour équilibrer leur vie professionnelle et personnelle.

La caisse des dépôts a trouvé des chiffres qui feraient plaisir à tout patron frileux. Le télétravail permettrait de baisser l’absentéisme de 5.5 jours par an et par salariés. Le travail journalier augmenterait de 30 minutes en moyenne, et la productivité de 7%. Le salaire, lui, n’augmente pas !

Une remise en cause de certaines idées reçues

Nous venons de le voir, le mythe du salarié en télétravail qui glande devant sa télé est bien loin de la réalité. C’est au contraire une façon de responsabiliser les salariés qui se sentent même redevables au point d’en faire plus. Quand ça fonctionne, la confiance va dans les deux sens.

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A l’heure où la suspicion gangrène notre société, faire confiance devient presque un signe de résistance. Sans remettre en cause le management, c’est la culture qui doit évoluer. Toute personne présente dans les locaux de l’entreprise n’est pas plus travailleuse qu’une personne qui travaille de chez elle. Qu’on arrête de croire que la présence de quelqu’un le rend forcément plus productif et compétent.

C’est donc l’opportunité de réorganiser le travail : comment communiquer avec les salariés, comment manager par objectifs, comment rendre les gens autonomes ? Ce sont des questions qui devraient déjà être en place en entreprise. Si ces louables ambitions ont été oubliées en chemin, le télétravail peut être une piqûre de rappel.

Un choix partagé

Fait majeur, le télétravail est reconnu par l’Accord National Interprofessionnel (ANI) depuis 2005. Le télétravail sort enfin de sa pratique informelle pour en poser les cadres. Ces dispositions juridiques protègent à la fois le salarié et l’employeur en cas de difficultés, avec un avenant de contrat si les salariés concernés sont peu nombreux, ou davantage un accord si la pratique devient régulière pour un effectif plus conséquent.

Pour vous la faire courte, les deux parties doivent être volontaires. L’employeur peut payer l’aménagement au domicile et doit en vérifier certaines conformités (électrique, amiante…). Un diagnostic et un contrôle sont possibles au domicile du salarié pour vérifier ces bonnes conditions.

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L’employeur peut préalablement identifier certains salariés qui présentent des qualités de rigueur et d’organisation, tout comme des personnes qui possèdent déjà une habitation favorable aux caractéristiques du télétravail. Au salarié d’accepter ou non cette possibilité.

Pas plus de 2 jours par semaine

Idéalement, le télétravail ne devrait pas dépasser deux jours par semaine. La productivité croit jusqu’à ces deux jours et le salarié ne ressent pas de sentiment d’isolement. Au delà, l’envie de voir ses collègues ou son patron chéri peut devenir pesant. C’est aussi le sentiment de faire parti de la société et de participer aux divers projets.

Car la vie collective ne doit pas être négligée, l’organisation doit anticiper la présence au sein d’une équipe ou des services pour que certains collègues puissent se voir et échanger. Des journées où tout le monde est présent permettent de renforcer l’esprit d’équipe, mené par le manager. Enfin, ce sont des temps de présence communs pour travailler sur des projets et prendre des décisions participatives.

Différentes topologies de lieu de travail

Si 80% des télétravailleurs élisent leur domicile, il ne faut pas négliger d’autres alternatives intéressantes. Nous vous conseillons tout particulièrement le coworking, mais des cafés, des lounges, des centres d’affaire, voire des espaces publics, peuvent être des idées à approfondir. Ce sont des alternatives pour changer de cadre, mais surtout pour enrichir ses rencontres.

Ecrit par un ergonome incognito

Un ergonome voulait apporter un peu de réconfort dans ce monde de brutes. Il a donc choisi de partager des idées pour mieux vivre son travail. Quel naïf.