5 raisons pour ne pas devenir manager

Le titre de manager est souvent l’étape nécessaire d’une carrière professionnelle. Au fond de nous-même, l’envie de s’élever au-dessus des autres est tentante. Chienne de nature humaine. Nous ne jetterons donc pas la pierre à ceux qui souhaitent un peu de pouvoir et flatter leur ego.

Mais c’était sans compter le contexte social morose que nous vivons. Pris dans la folle course de l’idéologie capitaliste, le monde du travail cherche constamment de nouveaux repères. Les nouvelles méthodes de gestion du personnel qui sortent tous les 6 mois montrent bien qu’on est complètement largués.

Notre cher manager en a fait les frais. Le titre n’est plus aussi reluisant qu’avant, et soyons francs, il est même devenu synonyme d’emmerdes. De nombreux salariés voient les promotions hiérarchiques comme des cadeaux empoisonnés. Méfiante, notre jeune génération court de moins en moins derrière les titres. Alors oui, manager peut être un métier gratifiant : mener des projets, insuffler une dynamique et porter ses collègues sont des valeurs nobles. Encore faut-il en mesurer les contreparties.

Les relations humaines

La psychologie imprègne tous les versants de notre vie jusqu’aux open-spaces. Puisqu’il faut respecter chaque opinion et accepter l’expression maladroite des émotions, le manager doit être maître de lui-même en toute circonstance. Médecin de l’âme humaine, il contient sa colère et prend sur lui quand les autres ne se gênent pas. A l’écoute des vexations quotidiennes, un manager passe un temps fou à régler les problèmes interpersonnels au lieu de bosser concrètement. On ne pardonnera jamais un manager de ne pas savoir écouter. Tant de qualités sur une seule personne, notre manager n’a pas le choix : il doit être un super-héros.

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Le titre, cette poudre de perlimpinpin

Chacun le sait, il faut reconnaître et valoriser les salariés. Par une augmentation, premier facteur de motivation des salariés ? Que nenni ! A quoi bon revaloriser un salaire, ou si peu, alors que la gloire du titre s’offre à nous ? Les intitulés de poste creux et ronflants se multiplient. Si vous êtes nommé responsable d’un truc que vous ne comprenez pas vous-même, c’est du flanc. Par contre si la thune vous attend, vendez votre âme et signez.

Le cul entre deux chaises

A moins d’avoir un poste hiérarchique élevé, il est fort probable que les décisions importantes se prennent sans vous. Ou en faisant semblant de vous consulter. Difficile d’appliquer des décisions délicates sans y prendre part, et tenter de les justifier devant vos collègues qui savent que vous savez que vous n’y croyez pas (vous suivez ?). Tentez le flicage que votre direction vous demande, puis essayez de regarder vos collègues dans les yeux…

L’éloignement du terrain

Il existe des managers à plein temps. Qui font bosser les autres alors qu’eux-mêmes passent leur temps en réunion, loin des réalités du quotidien. Un manager est souvent promu pour ses compétences techniques. Le risque est de perdre cette expertise petit à petit, de ne plus tenir ses connaissances à jour, et pire, ne plus comprendre les contraintes du métier. La crédibilité en touche un coup, il va falloir de l’énergie pour faire passer des consignes sans légitimité. Bref, si vous êtes manager, ou que vous prétendez au titre, ne perdez pas le lien avec votre métier et allez régulièrement sur le terrain.

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L’équilibre vie pro / vie perso

Voici le point qui nous tient le plus à cœur. Pour nous, rien ne justifie une dégradation de sa vie privée à cause du travail. Alors avant de devenir manager, pensez à la quantité de travail supplémentaire que vous aurez à faire, les dossiers que vous pourriez ramener chez vous, et surtout, les problèmes qui restent dans votre tête alors que vous mangez avec votre famille. Ça vaut vraiment le coup ?

Ecrit par un ergonome incognito

Un ergonome voulait apporter un peu de réconfort dans ce monde de brutes. Il a donc choisi de partager des idées pour mieux vivre son travail. Quel naïf.