9 conseils d’aménagement et de bien-être partagés par Samuel Martin du blog “L’ordinateur Sans Douleur”

Sur internet, nous sommes ravis de constater que de nombreux sites partagent nos valeurs : aider les gens à mieux vivre leur travail. Et ça commence souvent par un vécu personnel : Samuel Martin a créé le blog “L’ordinateur sans douleur” à la suite de douleurs qu’il a lui-même rencontrées à cause de son poste de travail.

Loin de se laisser abattre, notre homme a effectué de nombreuses recherches. Il est tombé sur un blog incroyable nommé “Bien dans mon travail”, mais là n’est pas la question. Non seulement il a découvert des conseils qui ont amélioré son quotidien, mais il s’est surtout passionné par le sujet au point d’écrire plusieurs ebook gratuits.

Une personnalité active et motivée qui interpelle notre curiosité. Ça nous a donné envie d’en savoir un peu plus sur ses habitudes de travail afin de s’inspirer de ses astuces. Interview !

Quels sont les outils incontournables dans ton quotidien ?

Comme beaucoup d’entre nous, je passe de nombreuses heures sur mon ordinateur. Dans ces moments, mon activité se résume à l’immobilité, les yeux fixés sur la lumière de mon écran, les doigts gesticulants sur le clavier.

Heureusement, régulièrement une douce cloche cristalline vient me sortir de ma transe.

Un de mes logiciels favoris (Safe Eyes sur Linux, mais on vous recommande aussi Scirocco sur Windows) me signale qu’il s’apprête à geler l’ensemble de mes périphériques, clavier, souris et écran. Ce blocage durera une minute, un temps de pause que je m’octroie. Ce moment déconnecté se reproduit toutes les heures dans ma journée de travail sur ordinateur.

Ai-je vraiment besoin d’un programme informatique pour faire des pauses ? Je pourrais tout aussi bien sentir régulièrement que j’en ai la nécessité et me lever, non ?

Je ne sais pas pour vous, mais pour moi, cela ne marche pas. J’ai essayé. En général, de longues heures s’écoulent avant que mon cerveau ne me signale mon besoin de prendre l’air. Mes douleurs de dos se sont alors déjà bien installées. Même lorsque mon corps me demande de me lever, la tâche courante me paraît parfois tellement importante que mon cerveau rechigne à l’abandonner une minute.

Avec ce petit logiciel, c’est simplement automatique. Et vous, à quelle fréquence vous offrez-vous des pauses ? Êtes-vous plutôt de ceux qui ne restent pas en place ou comme moi, êtes-vous tellement absorbé par vos tâches que vous pourriez en oublier de manger ?

Comment as-tu aménagé ton bureau pour t’y sentir bien ?

En réalité, je ne possède pas un bureau, mais deux : un sur mon lieu de travail et un à mon domicile. J’ai donc dû dupliquer mon matériel.

Cependant, je ne dispose que d’un ordinateur. Par conséquent, j’ai opté pour un PC portable. Clairement, je déconseille d’utiliser l’écran d’ordinateur portable au quotidien. Sinon l’angle imposé à votre nuque risque rapidement de vous amener des douleurs au niveau des vertèbres cervicales.

Pourtant j’aurais du mal à me passer de mon portable. Voilà comment je procède pour garder les avantages de mobilité sans les défauts d’ergonomie.

Nos PC portables sont tous équipés d’une sortie qui permet d’y brancher un écran externe. Vous trouverez un port HDMI sur les plus récents ou VGA pour les anciens, idem pour l’entrée côté écran. De la même manière, mon clavier et ma souris peuvent tout à fait se connecter sur mon portable.

Ainsi quand j’arrive sur mon poste de travail, 5 secondes me suffisent pour brancher les différents câbles à mon ordinateur portable pour obtenir le confort d’un ordinateur fixe.

Comment ton travail nourrit-il tes convictions personnelles ?

Le blog « L’ordinateur sans douleur » a vocation à permettre le partage et l’échange avec ses visiteurs et avec d’autres blogueuses et blogueurs professionnels ou passionnés de santé.

De plus, ce blog m’encourage à m’instruire davantage sur les thématiques de santé et de bien-être : comment agir pour respecter mon corps ? Il mérite que je lui donne autant d’importance qu’à ma tête, qui n’irait pas bien loin sans lui !

Comprendre le fonctionnement du cerveau me passionne aussi. Si l’on connaît les règles de notre cerveau, nous pouvons avec le moindre effort nous approcher du meilleur de nous même.

Quelles sont les difficultés que tu as pu rencontrer dans ta carrière, et comment les as-tu dépassées ?

J’ai passé énormément de temps sur l’ordinateur durant mes dernières années d’activité. Ce travail de bureau m’a apporté beaucoup de stress. J’ai plutôt un tempérament anxieux. Tout ceci a entraîné des douleurs physiques.

Aujourd’hui, mes maux de dos ont disparu. Je ne reste jamais plus d’une heure devant l’ordinateur dans la même position. Je prends des pauses et je varie souvent d’assis à debout grâce à mon bureau assis-debout ajustable en hauteur.

Je fais plus attention à dormir suffisamment. J’ai besoin de 8h de sommeil minimum et 9h si possible.

La mobilité et l’activité physique favorisent aussi une meilleure digestion. Je pratique le yoga quotidiennement, notamment durant mes mini-pauses.

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Partage le meilleur conseil qu’une personne t’ait donné

À une époque, je n’étais pas satisfait de ma position sur l’ordinateur, que j’estimais trop voûtée. J’ai alors demandé à ma kiné comment adopter la posture idéale. Elle m’a expliqué que ce n’est pas la bonne question.

Il ne s’agit pas de trouver LA position. Au contraire, la bonne stratégie consiste à changer régulièrement de posture : le buste en avant, en arrière, assis, debout, semi-assis, prendre des pauses pour marcher, planifier des séances de sport dans la semaine… Le corps est conçu pour bouger.

Bouger, voilà un conseil que j’essaye de mettre en pratique le plus souvent possible. Mille manières peuvent vous aider à briser l’immobilité malgré le travail devant un ordinateur. À vous de chercher celles qui vous conviennent.

As-tu un secret particulier pour être plus efficace au travail ?

Par le passé, je me sentais souvent débordé au travail. Avez-vous parfois la sensation de devoir réaliser un nombre insurmontable de tâches urgentes ? Ceci risque d’empirer si, comme moi, vous avez le défaut de vous lancer dans plusieurs projets en parallèle. Je me soigne, mais parfois je rechute.

La solution que j’ai adoptée est bête comme chou et je la trouve particulièrement efficace. Je peux maintenant traiter une multitude de tâches sans me sentir submergé. Pour cela, j’ai opté pour un nouvel outil d’ordonnancement et de priorisation de mes activités.

La méthode que j’utilise provient du livre “Tout le monde n’a pas eu la chance de rater ses études” d’Olivier Roland, dont je vous conseille au passage la lecture.

Voici comment je l’ai implémentée. J’utilise 2 feuilles de papier au format A5. Sur la première, une ligne horizontale sépare le premier tiers du reste de la page. Le titre « Critique » apparaît en haut de la première section tandis que la suite porte le nom « Opportunité ». Sur la seconde feuille, vous inscrivez « Au-delà de l’horizon ».

Dans la zone « Critique » se trouvent uniquement les activités pour lesquelles vous accepteriez de travailler des heures supplémentaires ce soir. Dans « Opportunité », vous écrivez les tâches que vous souhaitez accomplir dans les 10 prochains jours. Enfin, celles non essentielles dans les dix prochains 10 jours se retrouvent dans la dernière partie « Au-delà de l’horizon ».

Notez que la taille croissante des 3 sections vous incite à limiter au maximum le remplissage des zones « Critique » : pas plus de 5 tâches et « Opportunité » : moins de 20. Au début, je voulais tout mettre dans « Critique ». Mais grâce à la question « serais-je prêt à faire des heures supplémentaires pour cette tâche aujourd’hui ? », j’ai compris que peu de tâches appartiennent réellement à cette catégorie. Cela m’a permis de lâcher grandement la pression.

Séparer les activités en sections vous amène à consulter principalement les tâches « critiques », par exemple une fois par heure. Les tâches « opportunités » peuvent se parcourir une fois en début de journée. Enfin, noter les tâches en cours permet de ne pas devoir me souvenir de tout ce que j’ai sur le feu. Ce qui augmente significativement ma sérénité.

Au final, j’examine la feuille « Au-delà de l’horizon » très rarement. Je me rends alors souvent compte que soit les tâches se sont résolues d’elles-mêmes, soit une autre personne s’en est occupée. Je réalise aussi parfois qu’elles n’étaient pas si indispensables et elles tombent aux oubliettes.

À vous d’adapter cette méthode à vos besoins. Pour retrouver plus de conseils d’organisations dans la même veine, je vous recommande le blog Tobal de Thinh que j’apprécie particulièrement.

Je serais curieux de connaître vos recettes de gestion des tâches. Partagez-la avec les autres lecteurs en laissant un commentaire en fin d’article.

Comment fais-tu pour te ressourcer et prendre du recul sur le travail ?

Ma pratique la plus efficace pour prendre du recul sur mon travail est la méditation. Tout le monde en a déjà entendu parler. Souvent, nous possédons une image préconçue d’une personne assise les yeux fermés, immobile, l’air zen. Laissez-moi vous décrire rapidement ma compréhension de cette pratique.

La pratique méditative se situe à l’opposé de notre fonctionnement habituel. Elle ne consiste pas à réaliser une tâche particulière, mais plutôt à adopter une attitude : ressentir ce qui nous traverse maintenant.

D’accord, cela peut paraître abstrait. Pour découvrir ce que cela signifie, le plus simple consiste à s’arrêter sans rien faire. Essayez, lâchez votre écran. Restez immobile, les yeux fermés, durant une minute. Ressentez.

Quel intérêt ? pourrait-on se questionner. Si l’on cesse d’agir, rien ne se passe, on ne découvre rien. Pour moi, c’est l’opposé. Lorsque je m’arrête de faire, je découvre qui est le petit bonhomme caché au centre de tout ce remue-ménage : moi-même.

Pour ma part, grâce aux retraites de méditation, j’ai mieux compris mes émotions, mes sources de stress. J’ai senti comment mes pensées influençaient certains de mes comportements. Je peux maintenant davantage gérer mon quotidien et mon travail.

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Le mieux est de tester par vous-même. Si cela vous intéresse, les enseignants de méditation que j’ai pu rencontrer sont Charles et Patricia Genoud ou encore Pascal Auclair qui organisent des week-ends de méditation abordables à Paris ou en Rhône Alpes.

Cite-nous un livre qui a été une révélation pour toi ?

Nous souhaitons tous à un moment améliorer certaines conduites ou adopter des pratiques qui nous paraissent profitables. Par exemple, nous souhaitons manger plus sainement, arrêter de procrastiner ou encore nous coucher tôt. Pour cela, connaître comment fonctionnent nos propres habitudes constitue un atout de taille.

Le livre “Les mini-habitudes” de Stephen Guise fait partie des ouvrages qui ont changé ma manière d’acquérir de nouveaux comportements.

Avant de tomber sur le concept des mini-habitudes, voici comment ça se passait pour moi. En 2016, j’ai voulu me mettre à la natation. Mon médecin m’avait fait savoir que c’était un très bon sport, antistress, peu douloureux, etc.

Aux grands maux, les grands moyens, je décide donc d’acheter une carte de 6 mois en accès illimité à la piscine de mon quartier. La première semaine, je nage pendant 2 h, quatre soirs sur 7. Je me vois déjà dire adieu à l’anxiété, dormir comme un bébé le reste de mes jours et peut-être même devenir musclé !

La semaine suivante, ça tombe mal, lundi j’avais prévu d’aller boire un verre avec des amis, mardi j’ai un rendez-vous galant, jeudi je participe à un dîner avec les collègues, vendredi je pars en week-end. Bon, seul le mercredi subsiste, j’y passe 3h pour compenser.

La semaine d’après, je pars en déplacement professionnel. À mon retour, j’ai d’autres envies pour mes soirées, les mots du médecin sont déjà loin. Six mois plus tard, ma carte de piscine a expiré. Je l’aurai utilisée que 5 fois au total, un fiasco.

Aujourd’hui si je devais appliquer la méthode des mini-habitudes afin de commencer un sport, je me poserai la question suivante : quelle est la plus petite action quotidienne, si infime soit-elle, qui m’approcherait de mon objectif ? Et j’essayerais de m’acquitter de cette action chaque jour. Par exemple, tous les jours, je veillerais à placer mes affaires de natation dans mon sac. Et je considérerais ma mission du jour accomplie. Me rendre à la piscine serait un bonus.

Cette méthode peut sembler absurde, mais elle est la base pour réaliser de grands changements dans ma vie. Je l’utilise personnellement pour écrire sur mon blog, pratiquer des exercices physiques, lire, etc.

Si vous voulez comprendre pourquoi ça marche, feuilletez les mini-habitudes de Stephen Guise. Vous pouvez aussi retrouver d’autres conseils pour prendre de bonnes habitudes sur Temps-action le blog de Clément.

Quelles sont les personnes qui t’inspirent ?

Une des personnes que j’admire particulièrement est le célèbre Mahatma Gandhi. Cependant, vouloir ressembler à Gandhi peut décourager. Plus d’une vie me serait nécessaire pour y parvenir. En m’inspirant de la stratégie des mini-habitudes de Stephen Guise, j’aime autant observer des individus plus abordables.

Certaines personnes se trouvent complètement à leur place dans leur profession. Elles ont creusé suffisamment leur domaine pour savoir de quoi elle parle. Si vous les interrogez sur leur activité, leurs réponses sonneront précises et claires. La précision nécessite du temps afin d’explorer en profondeur et en finesse. Aujourd’hui, produire de la qualité est presque un acte militant.

Voici un exercice que j’aime pratiquer. Je pense à une qualité de quelqu’un que j’admire et qui me fait défaut. J’imagine alors une action simple que je peux mettre en œuvre dès maintenant pour développer cette qualité.

Par exemple, si j’envie l’aisance d’un collègue à l’oral, je lis un livre sur la prise de parole en public. Si j’envie ma voisine qui se lève tôt tous les matins pour son footing, je vais gentiment lui demander de me donner son secret.

Une dernière chose que tu aimerais partager avec nos lecteurs ?

Rangez votre bureau !

J’ai tendance à laisser traîner mes affaires et pourtant, je trouve qu’ordonner mon bureau a presque un effet purificateur. Cela allège mon esprit. En plus, un espace de travail épuré aide à penser. Ranger me permet parfois de faire une transition entre un projet qui se termine et un nouveau qui démarre. Cela peut aussi représenter l’occasion de prendre du recul.

Lorsque vous rangez, offrez-vous le temps de découvrir ce qui rendrait votre quotidien plus agréable. Comment pourriez-vous améliorer votre espace de travail ?

Pour cela, j’essaye de lire, d’écouter des livres audios, de regarder des vidéos, de consulter des blogs et d’aller voir des professionnels. Si vous cherchez l’inspiration pour vous être mieux devant votre écran, je vous recommande bien sûr L’ordinateur Sans Douleur, parmi d’autres.

Ecrit par un ergonome incognito

Un ergonome voulait apporter un peu de réconfort dans ce monde de brutes. Il a donc choisi de partager des idées pour mieux vivre son travail. Quel naïf.