Bien choisir ses chaussures de sécurité

Les chaussures de sécurité ne sont pas toujours synonymes de confort. De nombreux salariés se plaignent de chaussures qui font mal aux pieds, avec des modèles lourds ou trop rigides. Beaucoup viennent d’ailleurs avec leurs propres chaussures personnelles, plus confortables, au prix de la sécurité. C’est une problématique qui revient régulièrement lorsque l’activité nécessite le maintien de la station debout ou des déplacements fréquents. Des caractéristiques aux tests, découvrez les étapes qu’il ne faut pas négliger.

Les bases : des chaussures légères, souples, amortissantes et respirantes

Les chaussures de sécurité doivent être légères, avec un bon amorti au talon. Si ça semble intuitif, ces deux caractéristiques sont souvent négligées lors des commandes. Un talon qui va absorber les chocs de la marche va améliorer le confort.

Un matériaux souple et léger limite également la fatigabilité. Il semblerait que le poids d’une paire de chaussures basses soit acceptable sous 1.4 kg (voir le document ED 994 de l’INRS). Des fournisseurs arrivent à travailler les matières, comme des embouts de protection synthétiques au lieu de l’acier, pour atteindre un poids de quelques centaines de grammes seulement.

La respirabilité des chaussures permet de limiter la transpiration et les inconforts qui en découlent. Moins connu, c’est un facteur qui peut accélérer l’usure des chaussures. Attention toutefois à choisir un modèle en cohérence avec votre secteur d’activité : respirabilité et imperméabilité restent deux exigences assez opposées.

Gaston Mille, une expérience de 100 ans, une qualité incroyable (modèle BlackLabel Silver, crédit photo gastonmille.com)

Les spécificités : connaitre les risques et les contraintes liées à l’activité

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Il existe de très nombreuses options selon les exigences de votre activité. Il faut absolument identifier les risques associés pour choisir les protections les plus adaptées. Par exemple, les incontournables embouts de protection assurent jusque 100 ou 200 joules selon les risques et les caractéristiques des objets qui peuvent heurter les pieds. A noter qu’il existe quelques normes spécifiques à certains métiers que nous ne détaillerons pas ici.

Connaitre les différentes options permet d’optimiser la sécurité. Voici quelques exemples à titre indicatif :

  • Des semelles anti-perforation (contre les clous ou tout éléments pointu sur lequel on pourrait marcher),
  • La résistance aux produits chimiques (le renversement de produits dangereuses, hydrocarbures…),
  • Des semelles contre le risque électrique (isolant, antistatique, non conducteur),
  • Des doublures anti-coupure,
  • Des semelles avec une forte adhérence (sol glissant, travail en hauteur),
  • Des propriétés anti-bactériennes (secteur de la propreté, restauration…),
  • La régulation thermique (chaleur, froid, feu…),
  • Les intempéries (eau, étanchéité, imperméabilité…).

Lemaitre, une belle marque française qualitative et confortable (modèle Trek Brun S3, crédit photo lemaitre-securite.com)

La forme de la chaussure

Les chaussures de sécurité existent sous de nombreuses formes. Les chaussures montantes apportent un meilleur maintien du pied : plus les chaussures montent haut, plus elles protègent de surface (contre l’eau ou des produits chimiques par exemple). Les chaussures basses ont moins de matière, ce qui les rend plus légères. Vous n’êtes cependant pas à l’abri de salissures ou de chocs sur la cheville par exemple. Encore une fois, connaitre l’activité et les risques associés est fondamental pour bien choisir sa paire de chaussures de sécurité.

De nombreuses personnes sont sensibles à l’esthétique. Nous avons même déjà rencontré des salariés qui refusent de porter les chaussures fournies pour cette raison. Les plus baroudeurs seront davantage tentés par les bottines, les jeunes par les baskets… Toutefois, le choix de l’esthétique ne doit pas se faire au détriment de la protection nécessaire. Il existe de nombreuses déclinaisons, comme les chaussures de sécurité qui ressemblent aux chaussures de ville, pour les patrons ou les commerciaux soucieux de leur image. On a même trouvé des modèles roses et violets spécialement destinés aux femmes.

Ce sont bien des chaussures de sécurité, Jallatte est une référence incontournable dans le secteur (modèle Jalpalm, crédit photo jallatte.fr)

Des semelles amortissantes

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Des semelles unitaires se glissent dans la chaussure. Leurs propriétés absorbantes permettent de compléter les défauts éventuels d’une paire à disposition. L’amorti des chocs limite la fatigabilité et améliore le confort lors de la marche. Elles peuvent aussi présenter des propriétés hygiéniques. Ces produits sont à connaitre, surtout si le budget est limité, même si ça ne va pas réduire le poids de la chaussure ou un manque éventuel de flexibilité.

Tester tant que possible

Les dimensions des pieds diffèrent selon les personnes, tout comme le confort ressenti. L’idéal reste de tester plusieurs modèles en situation de travail pendant quelques jours, afin d’avoir assez de recul sur les chaussures qui répondent le mieux aux attentes. Ensuite, différents modèles peuvent être référencés par l’employeur : chaque salarié pourra tester les chaussures avant de retenir le modèle qui le satisfera.

De nombreux salariés pensent que le renouvellement des chaussures est automatique. Certains salariés restent donc avec une paire abîmée, alors qu’une simple demande permet de bénéficier d’un nouveau modèle. Le renouvellement des chaussures doit faire l’objet de procédures connues des opérateurs.

Pour aller plus loin, nous vous recommandons vivement le guide ED 994 élaboré par l’INRS, disponible gratuitement en PDF.

Ecrit par un ergonome incognito

Un ergonome voulait apporter un peu de réconfort dans ce monde de brutes. Il a donc choisi de partager des idées pour mieux vivre son travail. Quel naïf.