Comment choisir un siège de bureau ergonomique

Choisir un siège de bureau n’est pas si simple que ça en à l’air. Comme chacun est bien obligé de poser son séant quelque part, le marché est inondé de modèles. Se repérer parmi les centaines de références devient vite laborieux.

Cher lecteur, il ne faut pas se décourager : l’enjeu est à la hauteur des efforts. Un bon siège doit s’adapter à la morphologie des salariés. Plusieurs réglages peuvent faire des merveilles, encore faut-il savoir les reconnaître.

Ne vous fiez pas au terme “ergonomique”

Désolé de briser un mythe, mais le terme “ergonomique” est galvaudé : il ne répond à aucune norme précise. N’importe qui peut employer ce terme, même une équipe marketing motivée. Bien qu’il puisse l’être, un siège décrit comme “ergonomique” n’est pas forcément un gage de qualité. Ignorez simplement toute mention “ergonomique” éventuelle et focalisez-vous sur les caractéristiques.

Les options à rechercher

Répétons-le : un siège doit s’adapter aux différentes morphologies. Ça veut dire qu’il devrait posséder tout un tas de réglages, avec des amplitudes satisfaisantes.

Options sièges bureau ergonomique

Les réglages clés

Le soutien lombaires réglable est probablement l’option la plus importante : c’est l’arrondi du dossier. Comme nous sommes tous de tailles variables, il doit pouvoir se positionner au niveau des lombaires. Rien de tel pour être parfaitement maintenu au dos. Il existe deux systèmes majeurs : l’ensemble du dossier est réglable ou une réglette est mobile derrière le dossier fixe.

Les accoudoirs réglables en hauteurs permettent de poser les coudes. Certes, de nombreuses personnes préfèrent mettre les coudes sur le plan de travail. Les deux alternatives sont valides, le plus important est de ne pas avoir les bras en suspension. S’ils sont réglables en largeur, les accoudoirs peuvent être ajustés pour les personnes plus menues.

La profondeur de l’assise est notable. Trop profonde, le salarié s’avancera sur le rebord pour laisser de l’espace derrière les genoux. Trop courte, le salarié glissera vers l’avant. Régler l’assise en profondeur permet d’être bien positionné dans le fond du siège pour être en contact avec le soutien lombaires, et être en mesure de passer trois doigts derrière les genoux pour la circulation sanguine.

Le modèle RH 400 de RH Sièges, la Rolls Royce des sièges (crédit photo : rhsiege.fr)

Pour certaines situations

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Un bon siège répond à 80% des situations (à vue de nez, hein…). Parfois, l’amplitude des réglages ne va pas assez loin pour les morphologies atypiques. Pour les personnes fortes ou menues, il faudra donc vérifier que les réglages répondent à leur morphologie. Le fournisseur pourra vous orienter au mieux. Pour ceux qui souhaitent varier la position des jambes ou les personnes de petite taille, un repose-pieds peut être adapté.

Le repose-tête est surtout destiné pour du confort, sauf pathologie qui nécessite un maintien continu de la tête. Cela dépasse l’objet de cet article, destiné à choisir un siège de bureau confortable pour monsieur-tout-le-monde. De nombreux prestataires peuvent vous accompagner dans les démarches incluant des pathologies (médecine du travail, Sameth, CICAT…).

Tester les différents modèles si possible

Le confort est une notion subjective. Si un modèle répond aux différents critères, vous pouvez passer aux tests pour vérifier que le confort attendu répond bien à vos attentes. La mousse par exemple, est typiquement un point de subjectivité. Trop dure ou trop molle, il faudra trouver le meilleur compromis.

Vous pouvez visiter le showroom des fournisseurs. Quelques prestataires mettent à disposition des modèles au sein des entreprises. Vérifiez les modalités pour bénéficier d’essais : un test préalable à l’achat permettra de vérifier la pertinence du choix. Vous pouvez aussi consulter les conditions de retour en cas d’insatisfaction.

A la cool chez Kinnarps (crédit photo : kinnarps.fr)

Les erreurs fréquentes

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Choisir un siège induit des recherches, du temps et un investissement qu’il ne faut pas négliger. Voici quelques entorses que l’on rencontre régulièrement :

  • Acheter un siège pour un salarié sans le consulter ni l’essayer,
  • Choisir sur catalogue en se fiant uniquement à l’intitulé “ergonomique”, ignorant le cahier des charges,
  • Vouloir commander trop vite, au détriment de la démarche de tests,
  • Prioriser l’économie financière au détriment de certaines options,
  • Rester bloqué aux fournisseurs référencés par l’entreprise malgré l’absence d’essais et du cahier des charges,
  • Choisir un beau design au lieu de privilégier l’efficacité et la qualité.

Dauphin, une super marque qui mérite d’être plus connue (crédit photo : Dauphin HumanDesign Group)

Quelques fournisseurs

Les fournisseurs sont nombreux sur le marché. Pas facile d’y voir clair. Un bon siège représente tout de même un joli paquet de fric. Une sorte d’investissement à long terme. De plusieurs centaines d’euros à plusieurs milliers, il n’est pas rare qu’un siège dépasse un salaire modeste.

Voici une liste non exhaustive de fournisseurs :

  • Dauphin : d’excellents produits à coûts maîtrisés,
  • Khol : une belle marque française avec beaucoup de variétés, notamment pour les cas atypiques,
  • Kinnarps : une gamme de sièges de qualité,
  • RH Sièges : une réputation élogieuse, dont leur légendaire modèle RH 300/400,
  • Steelcase : référence mondiale plutôt accessible,
  • Herman Miller : belle notoriété avec des produits variés et qualitatifs.

Sobres et efficaces : les sièges Khol sont de vraies réussites (crédit photo : khol.fr)

Un dernier mot

Acheter un siège de bureau adapté est une excellente première étape. Mais vous n’imaginez pas le nombre de salariés qui possèdent un super siège et qui n’en maîtrisent pas les réglages. Savoir régler son siège est aussi important que le siège lui-même. Lire le mode d’emploi est incontournable pour savoir l’adapter à sa morphologie, sur la base des bonnes pratiques.

Enfin, les effets de la sédentarité sont de plus en plus connus. Avoir le meilleur siège du monde ne vous dispense pas de bouger pour varier les postures. Une excellente raison pour se dégourdir les jambes, boire un verre d’eau ou communiquer en direct avec un collègue.

Ecrit par un ergonome incognito

Un ergonome voulait apporter un peu de réconfort dans ce monde de brutes. Il a donc choisi de partager des idées pour mieux vivre son travail. Quel naïf.