[Chronique] Tout le monde n’a pas eu la chance de rater ses études, d’Olivier Roland

Depuis des années, nous connaissons les blogs d’Olivier Roland sans vraiment les suivre. Nous devons reconnaître que nous étions dubitatifs. Le livre de Tim Ferris, “La semaine de 4 heures”, a ouvert la porte à une série d’entrepreneurs qui réussissent leur business presque sans bosser, avec des chiffres d’affaires colossaux et qui voyagent dans des paysages paradisiaques. De quoi flatter le rêve que chacun d’entre nous nourrit : quitter la monotonie du quotidien, être indépendant financièrement et vivre des expériences incroyables. Difficile d’être insensible à ce discours.

Alors quand on a vu le livre d’Olivier Roland pour la première fois en librairie, nous n’y avons jeté qu’un regard distrait pour rapidement l’oublier. Des mois plus tard, au détour d’une conversation, nous avons parlé avec un lecteur conquis. Puis les nombreuses critiques positives sur internet ont encore attisé notre intérêt. C’est donc avec une certaine curiosité que nous nous sommes plongés dans “Tout le monde n’a pas eu la chance de rater ses études”. Et nous ne le regrettons pas.

Présentation de l’auteur Olivier Roland

Olivier Roland a créé sa première entreprise de service informatique à domicile après avoir abandonné ses études avant le bac. La jeunesse et l’inexpérience aidant, il a fait face à de nombreuses difficultés qui ont été formatrices pour la suite. Plus tard, il découvre deux livres qui vont révolutionner sa façon de gérer un business, dont l’incontournable “La semaine de 4 heures” cité de nombreuses reprises. Toutefois, après 8 ans de travail éreintant, bien que fructueux, il se lance dans un nouveau projet : la création de blogs.

C’est un blogueur américain qui a été l’élément déclencheur. Auteur d’un blog sur le développement personnel, il semble avoir été un des premiers à prouver qu’on pouvait vivre de cette activité. Olivier Roland prend son exemple et se lance avec de nouvelles erreurs formatrices, mais avec de meilleures bases. Au-delà des objectifs éthiques d’une entreprise, l’argent reste un facteur clé. Il mobilise alors de nombreuses stratégies marketing, adepte des petites astuces qui simplifient son quotidien. Au final, il deviendra l’auteur de 4 blogs à succès, de formations et maintenant d’un livre.

L’auteur de “Tout le monde n’a pas eu la chance de rater ses études” a ce mélange complexe et éclectique propre à de nombreuses personnes qui partent de loin et qui ont dû se battre pour réussir. Quitter l’école tôt et se confronter rapidement aux galères de la vie a été un fait marquant, ce qui a profondément modelé sa vision de l’éducation. Nous pouvons comprendre la fierté qui s’exprime au cours des pages, notamment lorsqu’il revient sur ses succès. Certains seraient tentés d’y voir un manque d’humilité, ce qui est pourtant contrebalancé dans certains passages, notamment le regard qu’il pose sur ses jeunes années.

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Une critique du système éducatif

Après être revenu sur ces années d’expérience et ce qui l’a motivé à écrire ce livre, Olivier Roland passe de nombreuses pages à expliquer pourquoi le système éducatif ne répond plus aux attentes professionnelles actuelles. Revenant sur des faits historiques pour appuyer son propos, nous étions fort étonnés de la qualité de cette critique en règle contre l’école. Nous partageons pleinement son point de vue et c’est assez amusant à lire. On a également appris plein de trucs, notamment l’influence de la religion dans les choix d’apprentissage adoptés par le système éducatif encore en vogue aujourd’hui.

Fort de ce constat, l’auteur enchaîne ensuite sur des nombreuses stratégies pour être plus efficace, s’auto-former, booster sa volonté et être plus intelligent (rien que ça). Si vous êtes adeptes des livres de développement personnel, vous devriez reconnaître plusieurs techniques. En s’appuyant toujours sur des sources rigoureuses et des études scientifiques, nous faisons face à un inventaire d’astuces bien senties. C’est dans cette partie que nous avons pris le plus de notes pour découvrir de nouveaux concepts.

Créer un business au service de votre vie

Pour devenir autonome financièrement et dégager du temps pour vivre pleinement sa vie, il faut créer un business qui soit au service de votre vie (et non l’inverse). Créer son entreprise et la faire marcher fait l’objet de toute la seconde moitié du livre. Si vous êtes salarié et que vous avez peur du changement, vous risquez d’être insensible à cette partie puisque l’entrepreneuriat est cité en modèle ultime. Conscient de toucher une corde sensible, Olivier Roland dédie plusieurs chapitres pour désamorcer les craintes du lecteur et les mythes sur les échecs entrepreneuriaux, statistiques à l’appui.

Le plan du livre accompagne progressivement les phases de création d’une entreprise, de la recherche d’une idée lumineuse à son succès sur la durée, en passant par le choix du statut ou les organismes de financement. Par exemple, vous apprendrez comment identifier les besoins de vos prospects, définir une stratégie marketing ou centrer votre activité auprès de vos meilleurs clients. L’objectif étant de vous dégager du temps, l’auteur place la finalité de la démarche vers l’automatisation d’un maximum de tâches en élaborant des procédures ou en les déléguant.

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A la lecture, nous avons ressenti que c’est le domaine de prédilection d’Olivier Roland. Particulièrement à l’aise pour développer ses concepts et partager ses astuces, il expose une vision pragmatique et efficace de entrepreneuriat qu’il a lui-même éprouvée dans le domaine de l’informatique et d’internet.

Ce qu’on en pense

“Tout le monde n’a pas eu la chance de rater ses études” nous a rappelé l’ouvrage de Tim Ferris, avec un petit sentiment de déjà-vu. Présenter le livre d’Olivier Roland comme le penchant français de “La semaine de 4 heures” reste un joli compliment. Clairement cité comme source d’inspiration majeure, ces livres partagent la même philosophie de vie. Nous avons particulièrement apprécié la remise en cause des normes sociales pour s’engager dans des voies qui nous donnent sens. Nous ne doutons pas que chaque lecteur trouvera des passages qui le touchent.

Malgré ses efforts pour nous convaincre, nous pouvons imaginer que peu de lecteurs quitteront la route confortable du salariat. Si l’entrepreneuriat est érigé en modèle, le livre regorge de nombreuses techniques pour initier un début de changement. Sans faire le grand saut préconisé, ceux qui lisent ce livre poseront sans doute un regard neuf sur leur environnement. Ce qui est déjà pas mal.

Pour le point négatif, nous avons régulièrement été gênés par les grosses ficelles qui parcourent l’ouvrage. La sémantique choisie est souvent irritante, comme “le rebelle intelligent ” ou “l’entrepreneur malin”. De nombreux titres de chapitre trouvent des formulations inutilement vendeuses, comme “Comment changer votre vie en 30 secondes” ou “Hackez votre corps pour tripler votre énergie”. La qualité du contenu parle pourtant d’elle-même, notamment avec les recherches bibliographiques rigoureuses qui légitiment suffisamment le propos.

Une forme qui ne prime heureusement jamais sur le fond. Car la force de l’ouvrage est bien là : contribuer à changer notre perspective, avoir envie de repousser ses limites et booster notre motivation. On ressort du livre avec une nouvelle énergie. Combien de temps durera-t-elle ? Peu importe, du moment qu’elle aura contribué à faire de nouveaux pas vers l’avant.

Ecrit par un ergonome incognito

Un ergonome voulait apporter un peu de réconfort dans ce monde de brutes. Il a donc choisi de partager des idées pour mieux vivre son travail. Quel naïf.