Comment s’habiller pour le travail ? (version hommes)

Choisir ses vêtements pour aller travailler est une démarche beaucoup plus subtile qu’on ne le pense. Non seulement l’apparence va influencer la perception des interlocuteurs, mais c’est également un positionnement vis-à-vis de la culture de l’entreprise. Avant même d’ouvrir la bouche, le regard d’autrui aura déjà posé son terrible jugement. Rester dans la norme ou s’en détacher peut influencer votre carrière. Ce choix demande une longue période de compréhension des codes et de leurs limites.

Comme on est que des mecs dans l’équipe, l’article est logiquement orienté pour les hommes. Si des femmes nous lisent, inspirez votre âme sœur ou écrivez-nous le versant féminin, on le publiera avec plaisir.

La dictature de l’apparence

Plusieurs études ont montré que les personnes attractives avaient plus de chances de trouver un emploi ou d’avoir des promotions. Même à niveau de compétence inégal, la plupart d’entre nous estime que des “belles” personnes sont naturellement plus brillantes, professionnelles et agréables. Certes, c’est complètement injuste. Ce sont pourtant des appréciations inconscientes partagées par notre société. Travailler son apparence peut donc avoir une influence non négligeable dans la poursuite de votre carrière et dans la relation avec vos collègues.

Identifier la culture de l’entreprise et se positionner

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Les vêtements vont dégager des signaux que vos interlocuteurs vont s’empresser d’interpréter. Ils vont les décoder par rapport à une norme : la culture d’entreprise. C’est le positionnement vis-à-vis de cette norme qui influencera votre réputation, d’où l’intérêt de bien la comprendre.

On imagine souvent la norme comme étant une position moyenne et sans relief. En réalité, elle va s’exprimer par rapport à un contexte, qui est ici le secteur d’activité professionnel. La norme pourrait être l’extravagance dans le milieu créatif, alors qu’elle sera nettement plus sobre dans la finance. Ainsi, tout signe de décontraction dans une banque pourrait laisser entendre un manque de rigueur, tout comme le formalisme pourrait être interprété comme un cruel manque d’inspiration dans la publicité.

Intégrer une norme revient à accepter les règles de la communauté. Logiquement, tout décalage pourrait être interprété comme une subversion qu’on ne vous pardonnera peut-être pas. Sortir des normes reste une tentation bien compréhensible, ne serait-ce que par refus du conformisme, opérer une évolution des mentalités ou la volonté de se démarquer. Cette différence doit se baser sur des compétences fortes et une solide légitimité. Mais c’est un acte qui doit rester minutieusement pesé au risque de se stigmatiser, voire même de se discréditer.

Débuter par la tenue formelle

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Recommandé dans de nombreuses activités tertiaires, le costume est rarement dépassé par son élégance et la prestance qu’il procure. Les règles sont strictes mais simples à maîtriser. Cependant, les personnes qui les connaissent et qui les appliquent restent trop rares. Bonne nouvelle : sortir du lot au milieu des costumes trop larges, des couleurs dépareillées et des tissus synthétiques n’en sera que plus aisé.

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La vérification de ces quelques points devrait vous aider à éviter les erreurs les plus fréquentes :

  • La couture des épaules de la veste doit tomber sur l’angle de l’épaule,
  • Les poignets de veste sont retouchées pour laisser dépasser un centimètre de la chemise,
  • L’ourlet du pantalon doit être repris pour ne laisser apparaître qu’une seule cassure sur la chaussure,
  • La chemise est fermée jusqu’au dernier bouton, sans vous étouffer, la tenue du col est rigide avec des baleines, pas d’effet parachute aux niveau des hanches,
  • La cravate tombe au niveau de la ceinture, avec le nœud Windsor qui fait autorité,
  • Les chaussures de type Richelieu ou Derby en vrai cuir sont parfaitement entretenues.

La coupe doit s’adapter à votre morphologie. Inutile de préciser qu’un costume trop cintré ne convient pas aux morphologies plus costaudes. Fuyez les tissus synthétiques et restez sur des combinaisons de couleurs sobres pour débuter. Un salarié qui gagne sa vie devrait idéalement investir dans des costumes de bonne qualité. Dans une gamme de prix accessibles, nous aimons beaucoup Anthony Garçon, Balibaris en gamme intermédiaire, puis De Fursac (et au delà) si vous avez un budget plus conséquent. Tout vendeur sérieux doit conseiller ses clients de façon neutre, sans donner le sentiment de forcer la vente. N’hésitez donc pas à essayer des marques un peu chères ou qui vous impressionnent de prime abord.

Le diable se cache dans les détails

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Maîtriser les règles basiques du costume est un préalable qui prendra le temps qu’il faut. Une fois que la tenue formelle est surmontée, des petites fantaisies sont possibles. Une façon d’affirmer votre personnalité tout en douceur. Un compromis entre la sobriété et l’originalité qui peut faire beaucoup d’effet si l’approche est subtile et discrète.

De nombreux détails peuvent apporter un peu de relief à une tenue trop rigide :

  • Une cravate tricot, à bout carré, ou des couleurs/textures plus originales (sans piquer les yeux),
  • Une chemise à carreaux ou en chambray,
  • Rouler les manches de la chemise jusqu’aux coudes,
  • Des chaussettes colorées appareillées avec votre cravate, ou à textures,
  • Quelques accessoires peuvent compléter l’ensemble, tels qu’une belle montre, une pince à cravate ou des bracelets discrets,
  • Briser un des tabous en entreprise : déboutonner le dernier bouton de la chemise, sans cravate. On préfère même déboutonner deux boutons pour faire moins coincé, mais anticipez les situations auxquelles vous aurez à faire face dans la journée.
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Les détails doivent faire l’objet d’une vigilance toute particulière, sans donner le sentiment d’en faire trop. Attention aux éléments poussifs comme le mouchoir dans la poche de veste ou les chemises surchargées (doubles cols, revers colorés, boutons flashy…). Rester naturel et vous sentir à l’aise avec ces touches d’originalité sont nécessaires. La propreté de vos vêtements est non négociable, tout comme l’entretien de vos chaussures. Un fer à vapeur est un bon investissement pour faciliter le repassage des chemises et avoir des plis de pantalon parfaits.

La tenue informelle et le piège du Friday Wear

La tenue décontractée est la norme dans de nombreux secteurs où le costume ne vous fera passer que pour un vilain rabas-joie condescendant. Le but sera encore de fuir la tenue négligée : les vêtements propres, bien coupés et cohérents dominent toujours. Pour les secteurs plus créatifs, vous n’avez pas attendu cet article pour laisser libre court à votre imagination.

Beaucoup de salariés tombent dans le piège du Friday Wear. Grosse erreur de se laisser aller au jeans/t-shirt/basket (voire pire, le polo avec le col relevé) alors que tout le monde aura encore l’image de votre élégance en tête. Le vendredi doit conserver un certain standard malgré la légèreté qu’on souhaiterait lui donner. N’oubliez pas les nombreux regards pointés sur vous, à l’affût d’une faute de goût potentielle. Évitez donc de tomber dans une rupture ou un relâchement brutal.

La coupe de cheveux et la barbe sont aussi des vêtements

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Ce sont des points qui ont tendance à être oubliés, mais les cheveux et la barbe sont à percevoir comme des vêtements. Au même titre qu’une tenue, la coupe et la taille doivent s’adapter à votre visage. Une coupe soignée chez un bon coiffeur, quitte à mettre le prix chez un visagiste, procure un sérieux coup de frais.

La pilosité est une question plus délicate, tant les barbes longues reviennent en force, au détriment des barbes de trois jours. Les cultures d’entreprise étant lentes à évoluer, certaines commencent seulement à accepter ces fameuses barbes de trois jours. La barbe longue reste encore souvent synonyme de contre-culture ou de rébellion, il y a donc des chances que votre patron voit ça d’un mauvais œil. A vous de savoir où vous mettez les pieds.

Ecrit par un ergonome incognito

Un ergonome voulait apporter un peu de réconfort dans ce monde de brutes. Il a donc choisi de partager des idées pour mieux vivre son travail. Quel naïf.