Critique du Brainstorming et des décisions de groupe

Plus il y a de cerveaux, meilleures sont les idées. Logique, mais faux. Les effets de groupe entrainent souvent de mauvaises décisions, avec des conséquences qu’il faudra assumer à long terme. Vous cherchez de l’originalité ou des réflexions de fond ? Les Brainstormings et autres réunions de travail sont pollués par leur méthodologie et des effets de groupe. Sachez plutôt décrypter les biais les plus fréquents pour les détourner.

Pourquoi la pensée collective fonctionne mal

De nombreuses études montrent que les phénomènes de groupe sont les principaux responsables. Si le Brainstorming est censé être cadré par des règles strictes (toute idée est bonne, interdiction de critiquer…), ces mêmes règles brident toute discussion, sans compter qu’elles ne sont que rarement respectées. Au final, la somme des idées individuelles est plus efficace que la somme des idées exprimées par le collectif…

Pour les réunions de prise de décisions, les participants vont généralement se conformer aux idées déjà connues, ou les idées exprimées par une personnalité forte. Ceux qui pensent de façon différente risquent de rester silencieux sous peine d’être isolés ou désavoués par le reste du groupe. Chaque personne devrait donc amplifier l’idée précédente pour être accepté, selon ce qu’il en a interprété. Les informations rares ou isolées ne sont pas prises en compte parce qu’elles ne sont l’objet que d’un participant. Au final, il y a de grandes chances que le groupe adopte des idées que tout le monde connait déjà. Mais pas forcément adaptées.

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Limiter les effets de groupe, le rôle de l’animateur de réunion

L’animateur de la réunion est le rôle le plus important. L’organisation de la réunion et de son succès va dépendre de lui. En pratique, ce rôle n’est que rarement attribué : un responsable se l’approprie spontanément, sans en maitriser les enjeux. Animateur de réunion, battez-vous ! Et lisez bien la suite.

Ne pas faire parler les leaders

Les managers et fortes personnalités sont souvent les premiers a exprimer leur idée. Qui osera s’y opposer ? Pas grand monde… Il faudra alors demander à votre chef de rester silencieux pendant un moment. Diplomatie exigée.

Encourager la critique

Donner la consigne de critiquer de façon constructive peut donner des résultats. L’animateur de réunion devra l’encourager et veiller au respect des comportements. Personne ne doit cacher son avis par peur de s’exprimer. Mais la théorie du cadre bienveillant trouve parfois ses limites, il existe des alternatives qui tournent autour du jeu de rôle.

Vous pouvez aller plus loin en demandant à un participant de jouer l’avocat du diable. La peur d’être jugé disparait, puisque la consigne est explicite, le costume connu de tous. En revanche, sortir de sa propre opinion n’est pas donné à tout le monde. Créer des équipes adverses semble s’avérer encore plus efficace : l’idée sera toujours de ne pas négliger la moindre information.

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L’anonymat

Ici, le jugement collectif et la peur de l’autre sont limités par l’anonymat. Il s’agit de s’exprimer sur un sujet ou de répondre à une question sur papier. La délibération expose toutes les idées, qui devront faire l’objet d’une discussion. Chacun aura trouvé écho, sans cacher son avis. Encore une fois, l’animateur de réunion doit veiller à l’égalité des traitements. Vous pouvez même conclure sur un vote anonyme pour déterminer l’idée qui aura convaincu le plus de personnes.

Ecrit par un ergonome incognito

Un ergonome voulait apporter un peu de réconfort dans ce monde de brutes. Il a donc choisi de partager des idées pour mieux vivre son travail. Quel naïf.