Démystifier le travail pour améliorer son quotidien

Nous défendons l’idée que le travail ne vaut pas la peine de s’y perdre. En dehors de l’incontournable nécessité financière, notre société lui procure une place majeure en lui accolant des valeurs de réussite sociale. Et tout un tas de mythes que l’on radote depuis la naissance : trouver un travail passionnant, être bien payé, monter dans la hiérarchie et aller au travail chaque matin plein d’entrain. On se demande pourquoi tant de jeunes salariés découvrent un monde professionnel qui n’est pas à la hauteur de leurs espoirs.

Malheureusement, le travail a toujours été l’indicateur d’une position sociale. Il suffit de compter les minutes avant la fameuse question “Tu fais quoi dans la vie ?” lors d’une soirée, afin que votre interlocuteur puisse finalement vous situer. Le marketing de soi, l’accélération de la société et la recherche continuelle de performance nous épuise. Faire toujours plus et toujours mieux. Chacun testera ses limites jusqu’au point de rupture. Etape peut-être nécessaire pour réévaluer ses priorités de vie.

Nous croyons qu’il faut savoir s’écouter. Ne pas y laisser sa santé et son équilibre personnel. Ne pas succomber à ces injonctions modernes qui nous dictent qu’on doit absolument être heureux au travail : ce n’est pas le rôle d’une entreprise. Personne n’est obligé de nier la réalité de son quotidien, avec ses hauts et ses bas. Et si nous sortions de la mystification du travail pour mieux accepter son quotidien ?

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Les personnes qui répondent aux mythes ne sont pas forcément plus heureuses

Elon Musk, le génial créateur de Tesla, nous a inspiré cet article. Milliardaire et à la tête des projets les plus ambitieux de la planète, il vient de déclarer qu’il est au bord du burn-out. La pression des actionnaires, le succès obligatoire face aux lourds investissements, mais surtout les 140 heures de travail par semaine et l’impossible équilibre vie pro / vie perso. Elon Musk fait les couvertures de tous les magazines, mais il ne pense qu’à passer plus de temps avec ses enfants.

L’homme derrière le mythe témoigne : on peut répondre à tous les critères sociaux du succès professionnel et toujours faire face à des insatisfactions. C’est une claque pour tous ceux qui le prennent en modèle : les entrepreneurs l’envient, et lui envie une vie meilleure.

Passé un certain niveau, les réussites supplémentaires ne semblent plus nourrir le bonheur. De quoi remettre en question cette idéologie de performance sans fin qui règne dans nos quotidiens. Cette idéologie qui fait de nous des salariés insatisfaits, les yeux fixés vers de nouveaux objectifs abstraits. Où placer le curseur et comment l’identifier ?

Réajuster ses attentes

Nous devons arrêter de parler du travail comme s’il devait absolument répondre à des critères impossibles à atteindre. Les magazines de mode regorgent de mannequins et de postulats de beauté qui complexent leurs lecteurs. C’est pareil pour le travail : il n’existe pas de manager parfait, tous nos collègues ne sont pas des amis, notre travail n’est pas drôle chaque jour, notre poste ne révolutionnera pas le monde et il est probable que votre chef ne partage pas toutes vos opinions.

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Le travail parfait n’existe pas et le monde professionnel est dur. Le bonheur idéalisé qu’on nous promet au travail est une illusion. Accepter cette idée permet d’ajuster nos attentes et de se recentrer. Alors arrêtons de nous définir à travers notre travail, cessons de courir au détriment de soi et relevons la tête du guidon.

Ecrit par un ergonome incognito

Un ergonome voulait apporter un peu de réconfort dans ce monde de brutes. Il a donc choisi de partager des idées pour mieux vivre son travail. Quel naïf.