Faire face à une fusion

Dans certains domaines, les entreprises se font la cour et fusionnent comme des adolescents qui découvrent l’amour. La comparaison s’arrête là : la réalité est souvent moins drôle. A moins d’avoir deux cultures parfaitement similaires, les fusions se font dans la douleur lorsqu’il n’est question que d’argent. Résistance au changement, méfiance des autres, repli sur soi, lutte de pouvoirs, défense de son mode d’organisation, conservation de ses avantages… C’est curieux comme une fusion peut renvoyer aux codes du communautarisme. Ok on sort les grands mots, mais ce n’est pas complètement faux.

Des équipes qui se déchirent

La rumeur tournait depuis longtemps alors que votre direction restait silencieuse. La nouvelle est tombée. Le rapprochement amorcé avec le concurrent sera finalement une fusion. Cet “autre” qui a été plus ou moins adversaire pendant des années est dans le même camp. Le choc passé, le cerveau prend le relais : qui absorbe qui, les postes doublons, le lieu de travail, les mises en commun des procédures, changement des logiciels, de nouveaux chefs… Mais surtout une culture différente. Et si on creuse un peu, leur travail n’est pas si bon qu’ils le prétendent, quelle bande de prétentieux !

La nécessité d’un deuil

Chacun va essayer d’entrer en concurrence ou en révolte pour conserver un maximum de ses anciennes pratiques. C’est l’erreur qui a le plus de conséquences. Réaliser qu’une page est tournée est douloureux, mais nécessaire. C’est bien compréhensible, personne n’a envie de laisser le passé derrière soi pour tenter de déchiffrer un avenir flou. Avant de marcher de l’avant, il faudra accepter de faire le deuil d’une situation révolue.

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Un changement bien préparé

Un leader charismatique et présent au sein de ses équipes est un facteur de réussite important. L’écoute des collaborateurs prend du temps, dont les managers du nouvel organigramme sont les garants. Prendre en compte les inquiétudes des salariés doit être suivi de réponses adéquates et sincères. Rassembler l’entreprise autours de valeurs partagées pour créer une identité commune permettra de diminuer les sentiments de concurrence. C’est une stratégie planifiée en amont et accompagnée le long du changement. Enfin, on l’espère pour vous puisque c’est souvent là que le bât blesse.

Et moi dans tout ça

S’adapter aux changements prend du temps, il ne faut pas brûler les étapes. De nombreux salariés, surtout ceux qui avaient des postes doublons, vivent mal la discussion autours de leurs compétences. Une remise en question qui touche à l’intime et aux blessures personnelles. L’orgueil prend un coup. Pour certains, ce coup est intolérable et partent vers d’autres horizons. Sans aller jusque là, retrouver sa place au sein du collectif peut se faire en acceptant de nouvelles opportunités, développer ses compétences et s’investir dans les groupes de travail pour mutualiser les procédures. Puis accepter de faire confiance aux autres, adhérer à des valeurs fortes, et construire ensemble une nouvelle aventure.

Ecrit par un ergonome incognito

Un ergonome voulait apporter un peu de réconfort dans ce monde de brutes. Il a donc choisi de partager des idées pour mieux vivre son travail. Quel naïf.