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    Les infarctus et les AVC sont-ils liés au stress au travail ?

    Le monde professionnel ne cesse d’évoluer depuis les années 80. La mondialisation a opéré des évolutions profondes dans notre culture, qui se répercutent de façon variable sur notre quotidien. Un contexte anxiogène qui s’exprime dans de nombreuses entreprises : le travail est montré du doigt comme une source de stress majeure.

    Pendant ce temps, les crises cardiaques et les AVC augmentent. La population touchée est de plus en jeune, alors que des progrès ont été effectués auprès des plus âgés. Pour expliquer ce phénomène, il est tentant d’établir un parallèle avec l’évolution du monde professionnel. Le stress au travail peut-il augmenter les risques d’infarctus et d’AVC ?

    Des statistiques inquiétantes

    Des chercheurs chinois ont synthétisé 6 études cliniques dans la revue Neurology : un métier considéré comme stressants augmente de 22% la probabilité d’avoir un AVC. Les femmes sont d’ailleurs plus touchées que les hommes. Selon le Dr Everson-Rose, le stress chronique augmente le risque d’AVC de 59%. Les personnes négatives ou cyniques voient leur risque augmenter de moitié. Aux État-Unis, des chercheurs ont montré que le nombre d’AVC explose chez les jeunes, surtout chez les femmes.

    Selon le consortium européen IPD-WORK, les individus exposés au stress ont 23% de chances supplémentaires d’avoir un infarctus. Recontextualisé au sein de la totalité de la population, stressée ou non, 3.4% des infarctus sont liés au stress au travail. En France, entre 3500 à 4000 infarctus par an seraient imputables au stress. Une nouvelle fois, les femmes jeunes semblent de plus en plus touchées.

    Le stress comme facteur aggravant

    Selon l’étude Interstroke au Canada, le stress serait lié à moins de 5% des AVC, parmi une dizaine d’autres facteurs. Car le mode de vie est bien montré du doigt, que ce soit pour les AVC que pour les infarctus. L’alimentation, l’obésité, le manque d’exercice physique ou la prise de drogues sont des facteurs qui sont prépondérants. Par exemple, les femmes s’exposent davantage si elles combinent tabac, alcool et pilule. Le stress serait davantage un facteur secondaire.

    L’état actuel des recherches semble montrer que si le stress est bien reconnu comme un facteur d’AVC et d’infarctus, il ne serait pas le facteur essentiel. Il pourra être un facteur aggravant, surtout pour les personnes déjà à risques (hypertension, alimentation, diabète, tabagisme…).

    Lorsque le stress au travail impacte l’hygiène de vie

    Si l’influence directe du stress semble actuellement minorée par certaines études, il est intéressant d’identifier dans quelle mesure le stress au travail va favoriser certains comportements à risques. Les pratiques addictives sont récurrentes : consommation de tabac, d’alcool ou de drogue. Qui n’a jamais pris un verre d’alcool en rentrant du travail pour aider à se détendre d’une mauvaise journée. Le réconfort dans l’alimentation n’est pas anodin non plus, avec la consommation en plus grandes quantités d’aliments gras ou sucrés.

    Nous pouvons également émettre l’hypothèse qu’un travail qui génère du stress présente des contraintes temporelles significatives. Pratiquer une activité sportive en sortant tard du boulot n’est pas forcément possible. Tout comme privilégier une alimentation saine, lorsque des repas rapides et peu équilibrés sont plus pratiques.

    Quels moyens de prévention

    Améliorer son hygiène de vie est un pré-requis : pratiquer une activité sportive, manger sainement et limiter les addictions devraient déjà diminuer les risques. Mieux vous connaitre et savoir si vous faites parti de la population à risques questionnera logiquement vos habitudes. Si vous avez du diabète ou de l’hypertension, soyez accompagnés par les professionnels compétents.

    Au travail, la prévention du stress ne se décrète pas du jour au lendemain en aménageant un baby-foot. C’est revoir en profondeur l’organisation et accepter de travailler sur ses dysfonctionnements. Même en intégrant le CHSCT, le médecin du travail ou un cabinet spécialisé, limiter les facteurs psycho-sociaux est une démarche collective qui doit être portée par une direction volontaire et engagée.

    De façon plus individuelle, gérer son stress peut passer par des exercices de relaxation, s’investir dans des projets personnels, pratiquer la méditation… Ça peut aider, en attendant de travailler en profondeur l’organisation du travail.

    Bien dans mon travail
    Un ergonome voulait apporter un peu de réconfort dans ce monde de brutes. Il a donc choisi de partager des idées pour mieux vivre son travail. Quel naïf.

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