Mieux vivre les horaires atypiques

Les médias ont beau s’émouvoir du travail le dimanche, les français sont déjà 63% à avoir des horaires dits « atypiques » : 19% des Français travaillent de nuit ou en fin de semaine, 17,5% à temps partiel, 10% de façon occasionnelle et 10% ont des horaires longs et flexibles (selon la DARES).

Entre nous, c’est vrai que deux jours successifs de repos, dont le dimanche, est la base d’une vie familiale et sociale épanouie. L’équilibre vie privée et vie professionnelle n’est malheureusement pas la seule difficulté.

Qu’entend-t-on par horaires « atypiques » ?

Les horaires atypiques incluent tout ce qui se distingue des horaires normaux. Vous me direz, « oui mais encore ? » et vous aurez tout à fait raison. Les horaires normaux se définissent par un travail du lundi au vendredi, entre 7h et 20h.

Les horaires atypiques sont donc tout le reste : travail posté, travail de nuit, le week-end, semaines irrégulières, travail morcelé dans la journée, heures supplémentaires… 2 chances sur 3 pour vous reconnaître quelque part.

De nombreux risques

Personne ne réagit de la même façon aux horaires atypiques. La perturbation du rythme biologique entraîne de nombreux effets que vous ne devez pas négliger :

  • une diminution de la vigilance,
  • une diminution du temps de réaction,
  • des accidents du travail plus graves,
  • des troubles du sommeil (qui croient avec l’âge),
  • des addictions pour « tenir le coup » (tabac, café…),
  • des troubles alimentaires (troubles digestifs, prise de poids),
  • une tendance à l’irritabilité, nervosité, surexcitation, voire dépression,
  • l’apparition de maladies graves (maladies digestives, cardiaques et même cancer),
  • pour les femmes enceintes, accouchement prématuré, avortement spontané,
  • perturbation de la vie familiale et sociale.
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Les conseils de prévention

Les salariés les plus impactés par les horaires atypiques sont aussi les plus précaires. La motivation pécuniaire est difficile à contourner : l’information et la sensibilisation reste toujours une première étape.

La principale difficulté apparaît quand les horaires atypiques sont subis par les salariés. Les horaires doivent être acceptés et compatibles avec la vie personnelle. Amis des ressources humaines, soyez bien vigilants sur ce point quand vous embauchez quelqu’un sur ce type de poste. On sait bien que ce n’est pas facile, mais pouvoir anticiper les plannings pour les ajuster selon les besoins personnels de chacun est un bonus non négligeable. De même, la tolérance aux horaires atypiques baisse avec l’âge, les salariés vieillissants doivent faire l’objet d’un suivi tout particulier.

Le reste des conseils tient dans quelques astuces pratiques. Améliorer les conditions de travail est la base pour limiter l’apparition des accidents du travail et les maladies professionnelles. Des siestes permettent de récupérer en journée, ou vers minuit si vous travaillez de nuit. N’oubliez pas de respecter les règles élémentaires d’hygiène alimentaire: mangez un vrai repas à heure fixe et buvez régulièrement de l’eau.

Photo par Peter Nijenhuis

Ecrit par un ergonome incognito

Un ergonome voulait apporter un peu de réconfort dans ce monde de brutes. Il a donc choisi de partager des idées pour mieux vivre son travail. Quel naïf.