Vous n’avez pas (toujours) besoin de faire un travail parfait

Je dois vous faire une confession. Il fut un temps où j’étais perfectionniste au travail. Le moindre défaut était minutieusement étudié. Et le temps perdu n’apportait pas vraiment les fruits escomptés : toujours de nouvelles choses à corriger et compléter. Chaque relecture était une nouvelle insatisfaction.

Mais les choses ont bien changé. Se détacher de l’illusion de la perfection est libérateur. Et en terme de productivité, on gagne un temps incroyable. Quand on voit le nombre de collègues qui passent leur vie sur des détails au lieu d’avancer, on s’est dit qu’on allait tenter de les convaincre.

Au bout d’un certain temps, vos efforts apportent peu de plus-value

Après le travail de fond et l’élaboration du premier jet, vous n’avez normalement pas à rougir de votre travail. Une relecture pour apporter les corrections nécessaires permettra d’atteindre un travail qualitatif.

Au bout d’un certain temps, le rapport temps/qualité sera de plus en plus faible. S’obstiner aura peut-être un impact à vos yeux, mais il est probable que vos interlocuteurs ne remarquent pas la différence.

C’est ici que de nombreuses personnes tombent dans l’écueil de la perfection : au lieu de passer la main, ils passeront encore un temps fou à parfaire leur travail.

Lire aussi :  7 applications smartphone pour faciliter sa vie au boulot

Ne pas attendre pour soumettre votre travail à des avis extérieurs

Tôt ou tard, votre travail sera soumis au regard des autres. Nous sommes partisans pour que ce moment arrive assez tôt, sans forcément prétendre au travail terminé. Difficile d’intégrer les critiques une fois que tout est bouclé.

Demander un regard extérieur en amont permet d’anticiper les incompréhensions et les points faibles de votre travail. Vous pourrez ainsi les intégrer dès que possible. Quand vous sentez qu’il faut redoubler d’efforts pour améliorer votre travail, c’est donc le moment de commencer à le faire vivre. Bien entendu, demandez un regard critique et constructif à des personnes de confiance.

La perfection n’existe pas

C’est un peu facile à dire, mais votre perception de la perfection n’est probablement pas partagée par vos interlocuteurs. Il faut savoir accepter cette définition subjective. Perdre du temps à atteindre votre définition de la perfection est donc une illusion qui ne rendra pas votre travail moins critiquable. Prendre sur soi et soumettre le travail à un regard extérieur permet de limiter ce biais.

Ajuster le temps en fonction de l’impact et des enjeux

Ceci étant dit, tous les projets ne se valent pas. Il faut ajuster le temps consacré en fonction des enjeux et de l’impact visé. Il est évident qu’il faut peaufiner au maximum une présentation devant un parterre de responsables, plutôt qu’un compte-rendu de réunion que tout le monde aura oublié dans une semaine.

Lire aussi :  Wunderlist, des listes de tâches simples et efficaces

Pourtant, nous sommes souvent étonnés de voir que certaines personnes mettent toutes leurs tâches sur le même niveau. Tout travail mené à la perfection demande du temps, et c’est peut-être une erreur d’appréciation et de priorisation que d’y consacrer les mêmes ressources. C’est ainsi que beaucoup de gens se noient dans des tâches sans valeur ajoutée.

Ne nous faites pas dire ce qu’on n’a pas dit

Ne pas toujours rechercher le travail parfait ne signifie pas qu’il faut vous autoriser à faire un travail bâclé. Le travail de qualité n’est pas seulement le signe de professionnalisme mais aussi de respect des autres. L’enjeu est d’optimiser le rapport temps/qualité/enjeux.

Car c’est bien une démarche d’humilité : pousser la qualité jusqu’au point où le regard extérieur devient complémentaire. Une fois les avis consultés et synthétisés, vous pourrez passer à autre chose. Se retourner pour apprécier le travail accompli, et se libérer du regard bloquant de sa propre exigence.

Ecrit par un ergonome incognito

Un ergonome voulait apporter un peu de réconfort dans ce monde de brutes. Il a donc choisi de partager des idées pour mieux vivre son travail. Quel naïf.