Pourquoi les gens critiquent ?

S’il y a une question qui nous taraude, c’est bien celle-ci. Certains s’y adonnent sans vergogne et jouent le jeu de la critique acerbe au quotidien. Au point de dégrader les relations de travail et de démotiver ses collègues. Malheureusement, la critique est trop souvent employée pour dénigrer. Après avoir tenté de comprendre pourquoi les gens se plaignent, on va essayer de répondre à ce nouveau mystère : pourquoi les gens critiquent ?

Distinguer la critique constructive de la critique dévalorisante

Faisons tout d’abord une distinction importante dans la notion de critique. Les critiques constructives sont nécessaires et sont les bienvenues dans le contexte professionnel. Une critique positive est formulée avec tact et bienveillance, dans l’optique d’optimiser des points précis. Difficile de s’améliorer sans l’œil averti de son entourage, garant de nobles intentions.

La question ne se situe pas autour de la pertinence de la critique, mais dans sa finalité. En ce sens, une critique agressive qui ne repose pas sur un raisonnement poussé doit questionner. L’enjeu sera d’en déterminer les motivations cachées.

Une manœuvre qui vise à dévaluer autrui

La critique gratuite vise la réputation d’un pair. Si les professionnels brillants sont logiquement impactés, c’est surtout un procédé utilisé lorsque l’on se sent menacé : compétence, concurrence, image envoyée à la hiérarchie… Or la menace peut fragiliser la perception de soi-même, au prix de mettre en place des manœuvres discutables pour maintenir une image de soi satisfaisante, sans perdre la face.

Lire aussi :  [Chronique] Tout se joue avant le petit-déj de Jeff Sanders

Viser autrui, c’est tenter de diminuer sa hauteur supposée. C’est dévaluer ses compétences afin de le ramener à un niveau plus accessible. Tout ça est bien entendu subjectif. Juger le niveau d’un collègue est une somme de plusieurs facteurs qui seront interprétés sur la base d’éléments déformés, tels que la réputation, les bruits de couloirs ou l’influence supposée.

La faible estime de soi à l’origine du dénigrement d’autrui

Avoir une faible estime de soi va influencer son rapport avec les autres. En revanche, l’expression de cette faible estime sera différente selon la personne. Un orgueil mal placé, du perfectionnisme, une frustration ou de la jalousie, tous originaires de failles personnelles, vont entrer en jeu pour dévaloriser l’image que l’on se fait de l’autre et tenter d’arriver à son niveau. On tire l’autre vers le bas pour se sentir plus compétent et reconnu.

A ce niveau de lecture, une concurrence avec un collègue, par exemple pour pourvoir un poste, peut s’argumenter autour de l’orgueil et éviter une défaite. Même les égo sur-dimensionnés compensent une faible estime de soi : le collègue sûr de lui et arrogant ne cherche qu’à dissimuler ses failles pour couper court à toute critique éventuelle.

En groupe, cela pourra être le sentiment d’un malaise. Les membres cherchent alors un lien social pour avoir du soutien. Utile pour décharger une partie de la charge émotionnelle. Toutefois, c’est un cercle qui peut-être complaisant, où les clés de sortie ne se situent pas forcément au sein de groupe.

Lire aussi :  Gérer les petits creux de la journée

Un travail sur soi

Si seulement les personnes qui passent leur temps à critiquer pouvaient mieux employer cette énergie ! Travailler sur soi est le meilleur investissement possible. Identifier les sources de cette faible estime de soi touche l’expérience personnelle, par exemple dans l’enfance, une expérience forte ou une influence parentale pesante. C’est toutefois un chemin important pour ceux qui utilisent la critique envers autrui comme une fuite, évitant le jeu de miroir du regard de l’autre.

Autrui ne sera plus considéré comme inatteignable. On pourrait même se surprendre à découvrir que nos forces se complètent. Sur un pied d’égalité, ou en chemin sur cette voix, nul besoin de critiquer négativement l’autre, mais de s’appuyer sur autrui une fois qu’on a accepté ses propres faiblesses.

Ecrit par un ergonome incognito

Un ergonome voulait apporter un peu de réconfort dans ce monde de brutes. Il a donc choisi de partager des idées pour mieux vivre son travail. Quel naïf.