Pourquoi les français sont-ils aussi râleurs ?

Nous avons décidé de concrétiser l’idée du blog en constatant à quel point nous râlons au travail. C’est dire si le sujet nous tient à cœur. Il existe évidemment de bonnes excuses pour maugréer, mais il faut reconnaitre que nous nous y complaisons souvent. Si la plupart des salariés estiment que l’ambiance de travail est un facteur d’épanouissement, pourquoi dépenser tant d’énergie négative ?

Tout prétexte est bon

La France seraient le peuple le plus râleur au monde. Tout prétexte est bon pour se plaindre : les embouteillages, le chef qui ne communique jamais assez, le salaire trop bas, son collègue qui a un trait de personnalité caractéristique, l’informatique qui plante encore… Les collègues éternellement insatisfaits sont nombreux. Un sport national contagieux qui vient pourrir l’ambiance collective, voire même plomber le moral des plus motivés d’entre nous.

Des tentatives d’explication

L’explication la plus noble serait du côté de notre héritage culturel. Le siècle des Lumières aurait imprimé notre raison de la tentation de tout remettre en question. La révolution Française aurait ensuite forgé ce formidable esprit de contestation. Par contre, il faudra nous expliquer comment ces caractéristiques restent dans nos gênes sur toute une nation, mais ce sera peut-être pour un autre article.

Lire aussi :  Lancement du blog

Deux explications nous semblent particulièrement pertinentes. Râler peut-être une soupape de sécurité en cas de tensions, une façon de libérer de la frustration pour éviter de craquer. Ce comportement permet également une seconde fonction, qui est d’appartenir à un groupe. Aussi étonnant que cela puisse paraitre, se plaindre en groupe permet aux individus de se rapprocher et de partager des valeurs communes. Et puis c’est agréable d’avoir des collègues aux petits oignons qui prêtent une oreille attentive à ses petits malheurs.

Selon le psychologue Didier Pleux, les râleurs pathologiques seraient des anciens enfants rois. Le monde doit se conforter à leurs désirs. Si l’intolérance à la frustration pouvait se justifier dans la jeunesse, elle ne fait plus illusion arrivé à l’âge adulte. Nous n’osons pas imaginer l’essor des adultes rois dans les générations à venir.

Transformer cette force

Nous parlons de force, parce que râler demande une certaine énergie dont le potentiel pourrait être mieux employé. Oublions tout de suite les râleurs chroniques, dont les plaintes ne reposent sur rien de concret : ils ne se remettront pas en question, fuyez-les si possible ! Si le râlage est collectif mais non constructif, il y a peut-être un malaise sous-jacent qui demande une analyse approfondie du contexte professionnel.

Lire aussi :  Gérer les petits creux de la journée

Certes, râler permet de poser des constatations. Le plus difficile sera d’en sortir pour chercher des solutions et avancer dans le même sens. Tâche ingrate qui découragera de nombreuses personnes. Avec un peu d’aide, les râleurs pourraient bien cacher une formidable capacité d’innovation.

Ecrit par un ergonome incognito

Un ergonome voulait apporter un peu de réconfort dans ce monde de brutes. Il a donc choisi de partager des idées pour mieux vivre son travail. Quel naïf.