Le servant-leadership, les managers au service de leur équipe

Être manager fait souvent l’objet de fantasmes. C’est une position enviée pour son pouvoir : décider et contrôler le travail des autres semble une position confortable. C’est oublier qu’un manager passe une grosse partie de son temps à résoudre divers problèmes. Sous cet angle, un bon responsable doit créer de bonnes conditions de travail. De là à dire que le rôle principal d’un manager est de servir son équipe, il n’y a qu’un pas que nous franchiront allègrement.

Définition du servant-leadership

Dans les années 70, Greenleaf propose l’idée qu’un leader ne doit pas servir ses ambitions de pouvoir ou matérielles, il doit avant tout être au service du collectif. Le servant-leader doit répondre aux besoins de son équipe pour l’amener vers la réussite de ses missions. Sans être esclave son équipe, il doit aider ses collaborateurs à libérer leur potentiel, leur autonomie et leurs compétences. Les collaborateurs sont consultés lors des décisions, pour trouver le meilleur consensus.

Des avantages visibles sur le long terme

Le servant-leadership est une philosophie dont les avantages s’expriment sur le long terme. A travers le bien-être de son équipe, le manager favorise le succès de son entreprise et la qualité des services livrés à ses clients. Le retour économique est bénéfique. Le niveau de confiance est plus important, avec un engagement plus important des salarié au sein de leur entreprise. C’est la culture de l’entreprise qui s’en trouve renforcée, avec des salariés plus fidèles.

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Une posture managériale

Un manager doit donc intégrer l’idée que l’équipe ne travaille pas pour lui ou pour servir des ambitions personnelles. Certes, se mettre en retrait pour servir la réussite collective est un acheminement moral. Or, ce n’est pas forcément valorisé dans notre société contemporaine qui prône l’individualisme et la réussite personnelle.

Dix principes

Larry C. Spears a distingué 10 principes simples et accessibles du servant-leadership :

  1. Ecoute : être actif dans l’écoute des salariés, réellement chercher à comprendre ce qu’ils disent pour identifier leurs besoins,
  2. Empathie : chercher à comprendre l’opinion de l’autre, mettre son avis de côté et l’accepter tel qu’il est,
  3. Guérir : accepter que les collaborateurs ont des émotions, des maux et les accompagner dans leur résolution,
  4. Conscience : se connaitre soi-même, avoir conscience de soi au sein d’un environnement pour réagir le mieux possible,
  5. Persuasion : convaincre par les arguments et honnêteté, les effets sont plus durables et positifs que l’autorité,
  6. Conceptualisation : motiver par une vision à long terme, les gens se situent mieux dans l’organisation,
  7. Prévoyance : apprendre des situations passées, analyser le présent pour anticiper les situations,
  8. Soutien : le manager est responsable de la réussite collective, il est garant des intérêts des autres, digne de confiance et en retrait,
  9. Développement des autres : aide au développement personnel et professionnel de ses collaborateurs, favorise un contexte pour que le potentiel des personnes se libère,
  10. Construire une communauté : créer un groupe soudé, accompli et engagé.
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Photo de Kristina Alexanderson

Ecrit par un ergonome incognito

Un ergonome voulait apporter un peu de réconfort dans ce monde de brutes. Il a donc choisi de partager des idées pour mieux vivre son travail. Quel naïf.